Fouilles
archéologiques du Rouergas
Les fouilles archéologiques
de sauvetage du Rouergas ont été
réalisées suite à
un projet de création de bâtiments
sur une Zone d'activité Economique.
L'opération a été
effectuée en 1996 par le Service
Régional de l'Archéologie
de Montpellier, la Direction Régionale
du Languedoc-Roussillon, l'AFAN Méditerranée
et la Mairie de Saint Gély.
Le gisement se situe au nord-est de
la commune, sur un petit relief calcaire
boisé de chênes verts.
Il s 'étend sur 500 m².
Les vestiges découverts (ossements
humains, céramique, restes
de faune, parure...) ont permis d'attester
la présence de l'homme à
différentes périodes.
Les premières traces de l'homme
datent du Paléolithique.
Il semblerait que celui-ci ait pu
stationner au Rouergas car nous trouvons
un site d'extraction de silex de qualité
médiocre associé à
un atelier de débitage. Cependant,
aucune trace d'habitat en plein air
n'est connue. Ainsi, nous ne pouvons
pas affirmer que les lieux étaient
occupés en permanence.
La période néolithique
est marquée par la présence
de plusieurs tracés importants
: de décors en cannelures,
d'une alêne en cuivre, d'un
tesson avec anse en cartouchière.
Les hommes de cette période
se sont installés en raison
de la position stratégique
du secteur tant pour le site d'extraction
de silex que pour la proximité
d'une plaine fertile et d'un ruisseau
favorable à l'élevage
et à la culture. Des restes
d'animaux domestiques comme le bœuf,
le mouton, la chèvre et la
présence de meules à
grain prouvent cette activité
agricole.
Période charnière entre
le néolithique et l'époque
romaine, la protohistoire a révélé
plusieurs éléments :
Un vase de capacité moyenne
a pu être à moitié
reconstitué.
Certaines fosses sépulcrales
abritaient des ossements humains représentant
toutes les régions anatomiques
du corps (adultes ou enfants), mais
également des parures (perles
cylindriques en calcaire) et de petits
anneaux en tôle de bronze.
Parmi les tessons de céramiques
certains ont des formes remarquables,
un fragment d'anse en flûte
de Pan, un élément de
préhension multifloré.
D'autres ont une origine lointaine,
tesson d'amphore italique, amphore
africaine. Il y avait également
des outils comme des lames apprêtées,
une armature tranchante, un grattoir,
une hache polie en roche verdâtre..
La colline de l'homme
mort
La fouille d'évaluation archéologique
effectuée en 1998 sur la colline
de l'Homme mort a permis de préserver
les vestiges situés au cœur
du parc d'activités de la tour
de Lauzard.
La société Languedoc-Terrain,
le Service régional de l'Archéologie
du Languedoc-Roussillon, l'Association
pour les Fouilles Archéologiques
Nationales et la Mairie de St Gély
ont contribué au bon déroulement
des travaux.
Plusieurs significations sont possibles
pour l'Homme mort. La première
voudrait dire le " mari mort
", une seconde pourrait définir
le lieu d'un crime où l'on
a découvert un cadavre. Mais
une autre appellation utilisée
ailleurs dans le département
signifie plutôt l'Orme mort
(arbre, par ailleurs peu courant de
nos jours dans le midi).
Une première prospection fut
réalisée en 1993 sur
cette colline calcaire couverte de
chênes verts, pins d'Alep et
cistes. Le gisement représente
7000 m².
Les découvertes concernent
ici principalement le moyen-age, des
traces plus anciennes ont toutefois
été trouvées.
Concernant le néolithique,
seuls trois fragments de céramiques
ont été découverts.
L'existence d'un point d'habitat à
l'époque romaine n'est pas
exclu : un fragment de pied de coupe
en sigillée sud-gaulloise a
ainsi été retrouvé.
Le Moyen-âge lui est omniprésent
sur le site puisqu'un tessonier regroupant
des éléments du Xème
au XIVème fut mis au jour.
Les fouilles ont permis de découvrir
des pierres à aiguiser, des
fragments de verre, de la céramique,
des pots, des vases et des fragments
de faune, mais aussi de la céramique
de St Quentin la Poterie (Gard) et
une coupe catalane à décor
vert brun.
Un premier bâtiment, visible
sur le site, date du Xème siècle.
Cependant un tronçon est postérieur
au XIIIème siècle.
A proximité d'une tour médiévale,
des fragments de tuiles courbes et
de tessons de céramiques du
XIIème et XIVème ont
été découverts.
Vu le nombre d'éléments
retrouvés, il est probable
qu'une exploitation agricole existait
sur la colline.
La fréquentation échelonnée
du site durant quatre siècles
complète les informations sur
les garrigues montpelliéraines
cette époque. Après
cette période, nous n'avons
pas trouvé de traces d'activités
humaines. Cela est peut-être
dû aux crises agricoles qui
ont affecté le monde rural.
Site archéologique
des Vautes (Artère du Midi)
Projet d'envergure destiné
à renforcer et à étendre
la desserte en gaz naturel dans
le sud de la France, la création
du gazoduc "Artère du
Midi" par Gaz de France a donné
lieu, préalablement aux travaux
de pose, à une importante
opération d'archéologie
préventive prescrite et pilotée
par la DRAC de Languedoc-Roussilon
avec le concours de la DRAC de Provence-Alpes-Côte
d'Azur.
La convention entre l'Etat et Gaz
de France signée en 1996
désignait l'Association pour
les Fouilles Archeologiques Nationales
(AFAN) comme opérateur de
l'intervention archéologique.
Il nous est agréable aujourd'hui
de souligner en introduction à
ce petit ouvrage destiné
à un large public et plus
particulièrement aux habitants
des 63 communes traversées
par la canalisation combien cette
opération archéologique,
menée dans la plus parfaite
entente entre l'aménageur,
nos services et l'opérateur,
a permis d'obtenir de nombreuses
informations sur le peuplement ancien
de nos deux régions. Cette
brochure, qui constitue la première
étape de la diffusion des
résultats de cette recherche
et sera suivie d'ouvrages et d'articles
sientifiques plus détaillés,
en témoigne de façon
claire et attrayante.